Il y a un moment, à la fin de l’été, où la campagne autour de Dévillac change de voix. Les soirées rallongent les ombres, l’air se rafraîchit d’un coup après le coucher du soleil et, du fond des bois, monte un son grave, rauque, presque irréel.
Nos hôtes qui l’entendent pour la première fois depuis la terrasse nous posent toujours la même question : c’est un animal, ça ?
C’est le cerf. Et c’est, à notre avis, l’une des plus belles raisons de venir ici en septembre plutôt qu’en août.
Le brame, en deux minutes
Chaque automne, les cerfs entrent en période de reproduction. Les mâles cessent presque de s’alimenter, marquent leur territoire et se mettent à bramer pour défier leurs rivaux et rassembler les biches. Le son porte à plusieurs kilomètres.
La saison court en gros de la mi-septembre à la mi-octobre, avec un pic autour de la dernière semaine de septembre. Le brame commence à la tombée du jour, s’intensifie au crépuscule et reprend avant l’aube.
Il faut de la patience : certaines soirées, la forêt reste silencieuse une heure durant, puis tout se déclenche d’un coup. Et il faut du silence — le vôtre.
Le rendez-vous du 26 septembre à Vergt-de-Biron
Le comité des fêtes de Vergt-de-Biron organise chaque année une promenade nocturne dans les bois de la commune, encadrée par ses bénévoles. Quatre à cinq kilomètres à pied, dans le noir, avec des gens qui connaissent les lisières et savent où se poster. Rendez-vous devant la salle des fêtes.
Et parce que nous sommes en Périgord, la marche se termine autour d’un tourin, ce bouillon d’ail et d’oignon que l’on sert brûlant — avec, pour ceux qui veulent, le chabrol : un fond de vin rouge versé dans l’assiette presque vide, que l’on boit à même le bord. Après une heure et demie dans la fraîcheur de la nuit, c’est exactement ce qu’il faut.
Vergt-de-Biron est à quelques minutes de route de la maison, de l’autre côté du château de Biron. C’est probablement la sortie la plus dépaysante que l’on puisse faire ici sans quitter le voisinage immédiat.
Y aller par vous-mêmes
Si la date ne tombe pas pendant votre séjour, le brame reste accessible seuls, à condition de bien s’y prendre. Notre conseil : partir vers 19h30, se garer en bord de chemin près d’un bois, couper le moteur et attendre sans bouger. Le meilleur poste d’écoute est souvent la voiture elle-même, vitre baissée.
Trois règles que nous répétons à chaque fois : ne jamais pénétrer dans les sous-bois à la nuit tombée, ne pas éclairer les animaux à la lampe, et ne pas s’approcher. Un cerf en rut est un animal puissant et peu disposé à négocier. On écoute, on ne dérange pas.
C’est aussi ce qui rend l’expérience si particulière : vous n’êtes plus spectateur d’un paysage, vous êtes toléré dedans. Nous vous indiquerons volontiers les deux ou trois chemins qui fonctionnent le mieux autour de Dévillac — il y en a un, à moins de dix minutes à pied du portail, qui nous a rarement déçus.
En pratique
- Randonnée à l’écoute du brame — Vergt-de-Biron, samedi 26 septembre 2026.
- Promenade nocturne de 4 à 5 km, encadrée par les bénévoles du comité des fêtes.
- Rendez-vous devant la salle des fêtes ; tourin et chabrol servis à l’arrivée.
- Chaussures fermées et vêtements chauds indispensables : il fait plus froid qu’on ne le croit.
- Tarif et horaires à confirmer auprès du comité des fêtes.
- Saison du brame : de la mi-septembre à la mi-octobre, avec un pic fin septembre.
Notre conseil : prévoyez une lampe frontale à lumière rouge pour le retour, et laissez les téléphones dans les poches. Le silence fait partie du spectacle.
Septembre chez nous, c’est la piscine encore chaude, les bastides sans la foule, les premières couleurs — et ce grondement dans les bois, le soir venu.

